Le fil de l'arête aura été le fil conducteur d'une belle semaine sur Cham début septembre. Le créneau météo et les conditions de terrain réunis, il ne restait qu'à voir si la condition physique suivait le moral gonflé à bloc après quelques escapades de l'été avec mon compère Didier dit "Chevalier de Courtade".
Arrivé chez Hervé, l'objectif Jorasses se confirmait.
2008 : Deux longueurs dans la Young et réchappe par le glacier du Mallet
Il nous fallait quand même retrouver nos marques après une année blanche. Un peu de grimpe, un peu d'acclimatation, jouer avec les conditions en altitude et le vent du début de semaine mais ça sentait bon.
Programme :
Dimanche, le fil de l'arête dans les Aiguilles Rouges avec la traversée WE des Perrons (D) manière de corser un peu la classique traversée EW.
Lundi, pluie et bricolage.
Mardi, on ménage les petits muscles avec une voie calcaire dans les Aravis, manière de grimper.
Mercredi, on monte en altitude. Le fil de l'arête au départ de Torino, aiguille d'Entrèves qu'on enchaine avec une belle portion de la traversée peu parcourue Entrèves - Toule, manière d'acclimater.
Jeudi, on ne ménage plus les petits muscles. Le fil des arêtes avec l'enchainement Arêtes de Rochefort - traversée des Jorasses - bivouac prévu au sommet ou quelque part en dessous.
Vendredi, on digère le truc.
Quelques images
Dimanche : Traversée des Perrons (Topo pour ceux qui n'en veulent plus).
L'hydratation c'est important, bien hydraté, tu grimpes bien.
Bien hydraté, tu grimpes bien et tu peux faire le mariole
C'est un peu long le truc mais avec tes mocassins tu voles sur le fil de l'arête
Mardi : Col de la Colombière, Dzérat Dzérat Pas (Topo .....)
Jolie voie en beau calcaire où j'ai bien pris plaisir pour une fois devant Hervé ;o))
Mercredi : montée par le SkyWay à Torino et enchainement Entrèves - Toule (Topo) en mode "on se la joue cool"
T'as vu derrière ? Donc, derrière : la Verte, les Droites, les Courtes
Ben ouais, et toi, tu vois derrière ? Donc derrière : Peuterey Noire et Blanche et le gros truc Blanc.
De la Verte à la pointe Walker
Jeudi : Traversée des Jorasses. On quitte Torino un peu après 4h30 et une nuit catastrophique sans sommeil ... mal mangé, mal dormi ... mais on est parti les premiers, manière de rouler à notre rythme dans la rampe entre la rimaye et la salle à manger. Ensuite, nous serons seuls sur le fil.
L'enchainement vu de la Verte
Dans les rampes menant à "la salle manger" de la Dent du Géant
Dans la traversée des Rochefort, passage équipé de cordes fixes. Finalement, c'est mini la mer de glace.
Sur le fil, c'est encore loin la Walker ?
Rochefort c'est esthétique, mais la suite .... Walker au fond, Whimper et Croz devant, Hélène (petite) Marguerite et Young dans l'ombre de Marguerite
Class. La trace de descente (voie normale des Jorasses) visible sur le glacier
Rochefort, c'est fin aussi
Après les 6 rappels pour quitter les arêtes de Rochefort, 1/4h de pose à Canzio. Il est 10h45, nous avons mis 5h00 pour traverser Rochefort, pratiquement 2h00 d'avance sur notre horaire max prévu.
Dans ma tête, la course commençait là : la Young. Passer correctement et tranquillement les longueurs dans la face nord ... ensuite ça va rouler.
Dans la face N de la Young. Du granite de qualité et de la fissure. C'est un peu physique mais l'expérience de ce terrain est un gros atout. Cool, regarder, c'est prisu. Et cerise sur le gâteau, c'est sec !
Sortie face N de la Young. Plus haut, à la sortie sur l'arête, c'est moins sec mais le soleil en vue motive.
Entre la Young et la Marguerite, c'est fin.
Rappel pour rejoindre la brèche entre Young et Marguerite
Remontée du couloir qui mène à Marguerite. Rocher plus délicat.
Passage d'Hélène ... ça grimpe encore
Et c'est encore un peu fin.
Après la pointe Hélène, l'arête s'élargit (quoique), les difficultés sont passées, mais la fatigue commence à être présente, les pointes Croz et Whimper se font à l'énergie. Petite descente de Whimper en neige pas tip top pour rejoindre la pente douce qui file vers la Walker (4208m) sommet des Grandes Jorasses. Il est 17h30 ... Grosse émotion. Et puis large sourire pour une superbe course.
Dans ces moments, ne pas se priver d'être heureux.
Photo pour album.
Nous pensions bivouaquer sous le sommet sur l'arête Walker rocheuse, mais comme nous avons un peu d'avance sur notre estimation de temps, nous décidons de descendre pour trouver un bon emplacement de bivouac. Comme pour les brebis de F'murr, l'herbe est toujours meilleure plus loin et nous finirons par poser les duvets sur un mini emplacement pratiquement à la base des rochers Whimper vers 19h00. Cuit comme jamais, un bol de nouilles, pas de tape sur les couilles et au lit.
Traversée du plateau glacière sous les séracs ... go, go, ici on ne boit pas le thé.
Bivouac à la base des rochers Whimper, juste avant le Reposoir visible en face
Vendredi matin, remontée sur le Reposoir
Passage de la rimaye (maman !!!!)
Refuge Boccalate gardé cette année. Un grand moment. Coca puis pasta e Moretti.
Voila. Huit ans que ça trottait dans la tête. Je me disais que les petits muscles commençaient à avoir un peu de bouteille et que peut-être ça serait pour une autre vie et puis c'est arrivé et c'est arrivé au bon moment. C'est une grosse course, complète, qui demande beaucoup de concentration pour un amateur et une certaine maturité pour être appréciée pleinement. Quelle aventure magique de l'attaque de la Young à la pointe Hélène et qui se ponctue magnifiquement par la Walker.
Merci à Hervé Qualizza avec qui j'ai un certain nombre de sommets et de courses plus ou moins majeurs en poche depuis plus de 15 ans, merci pour la confiance qu'il m'accorde sur ce type de promenade où la corde relie plus que les corps.
Les photos sont d'Hervé ou de moi (oui, parfois j'ai le temps).
La vue des Jojos depuis la Verte est piquée à Rémi Thivel quand nous y étions ... il me semble bien que l'idée de la traversée des Jorasses a germé à ce moment.

































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